Les romans de Diane Lacombe sont des œuvres de fiction en ce sens que ses
personnages n'ont jamais existé et le Mallaig qu'ils habitent est en grande
partie le fruit de son imagination. Mais le cadre dans lequel ils évoluent
reflète le plus fidèlement possible l'Écosse médiévale.
L'histoire
On demande souvent à Diane Lacombe si la recherche tient une part importante
dans l'écriture de ses romans. « Elle est certainement importante et elle
peut même s'avérer encombrante pour le déroulement de la fiction en cours
d'écriture, dit-elle. Le temps que je consacre à fouiller la documentation ou à
naviguer sur Internet me sert beaucoup à me renseigner sur les us et coutumes en
Écosse au Moyen-Âge et sur la géographie des lieux où se passe mon action.
L'histoire de l'Écosse à proprement parler ne m'intéresse que pour comprendre le
contexte socio-politique de cette nation dans la première moitié du XVe siècle.
J'ai délibérément choisi de raconter la vie de personnages inventés pour avoir
toute liberté avec eux. » En ce sens, Diane Lacombe hésite toujours à
classer ses fictions parmi les romans historiques, vu le rôle secondaire que
l'Histoire avec un grand « H » y joue.
Certains
personnages secondaires de Mallaig ont une référence historique exacte,
notamment les rois écossais et membres de leur entourage, et leurs relations
avec les personnages fictifs sont toujours plausibles. Contrairement à la
littérature fantastique, le caractère authentique des lieux et des choses est un
aspect qui colore la fiction de Diane Lacombe : « Mon imagination est
stimulée par la croyance que ce qui est décrit dans mes romans aurait pu se
produire tel quel. Que l'action demeure vraisemblable jusqu'à la fin. Je me suis
d'ailleurs demandé si ce n'était pas le cas avec La Châtelaine de Mallaig et
qu'un beau jour, j'apprendrai qu'un couple a déjà vécu en Écosse au quinzième
siècle, une histoire similaire à celle de Gunelle et Iain. Cette idée me
traverse souvent l'esprit. J'ai mis si peu de temps à écrire ce premier roman
(cinq mois) que j'avais parfois la bizarre impression de m'adonner à un genre
d'écriture automatique : le phénomène par lequel l'esprit d'une personne se sert
d'une autre pour écrire sa vie. Cet esprit serait-il celui d'une jeune femme que
j'appelle Gunelle Keith ? La question me fascine et à chaque fois que je me la
pose, je me sens propulsée dans mon univers de fiction ».
La passion médiévale
Diane Lacombe est une amoureuse inconditionnelle du Moyen-Âge. Sur cette époque,
elle a beaucoup lu et a vu pratiquement toutes les reconstitutions
cinématographiques qui la concernent. « J’ai commencé à m’intéresser à la vie
au Moyen-Âge en Europe par la romancière Jeanne Bourin. La peinture de mœurs
qu’elle y fait et du rôle tenu par les femmes, souvent contrastant avec celui
que les historiens leur attribuaient, m’ont immédiatement frappée et attirée. Je
crois que Jeanne Bourin et d’autres auteurs comme elle ont beaucoup contribué à
dépoussiérer l’image d’un Moyen-Âge sombre et austère. Ils nous ont présenté
sous un nouveau jour les idéaux de chevalerie, les valeurs, l’individualité et
la spiritualité qui imprégnaient les sociétés médiévales. Pour ma part, ces
aspects me fascinent et deviennent un matériau de première main pour bâtir mes
personnages ».
Situer l’action d’un roman au Moyen-âge ne va pas sans certaines recherches et
efforts d’imagination. Mais Diane Lacombe adore ce genre de défi : « Quand
j’invente une histoire, il faut d’abord que je m’en fasse une image nette. Mes
romans se passant au quinzième siècle: la description du contexte dans lequel se
déroule l’action s’appuie sur des notions d’histoire et sur des détails de vie
quotidienne que le passage de 600 ans nous a laissés imprécis. C’est ici que mon
imagination vient à la rescousse ».
Pour
bien sentir l’époque médiévale, Diane Lacombe s’entoure d’un environnement qui
en est teinté. La pièce où elle s’isole pour écrire est décorée d'images et
d’objets de style médiéval, chandeliers, tentures, meubles qui contrebalancent
la présence toute moderne de son poste de travail, bureau, écran et clavier.
Depuis quelques années, Diane Lacombe a développé une curiosité enthousiaste
pour les costumes médiévaux et elle prend un grand plaisir à créer et à
confectionner des tenues médiévales dont elle vêtit sa famille et ses amis
réunis autour d’événements « costumés » qu’elle organise. « Il vient des
moments où j’ai un besoin viscéral de créer et de fabriquer quelque chose de mes
mains. Je me tourne alors vers ma malle de tissus, mes ciseaux et ma machine à
coudre. Une robe ou une tunique en ressort au bout de quelques jours et cela
s’accompagne toujours d’une apaisante satisfaction. Il ne me reste plus qu’à
trouver quelqu’un et une occasion pour faire endosser le nouveau costume. Un
certain jour de Noël, j’ai offert à chacune de mes trois sœurs une robe que je
leur ai cousue, et une tunique à chacun de mes trois beaux-frères. Nous avons
alors découvert à quel point le déguisement est une activité plaisante, tant
pour les femmes que pour les hommes ».
Culture celtique et Écosse : un élan du coeur
L'Écosse, comme l'Irlande, l'Île de Man, la Cornouaille et la Bretagne sont les
pays de culture celtique. Ils présentent des points communs, comme la musique,
la langue gaélique et les motifs d'entrelacs. L'univers fictif de Mallaig baigne
dans cette culture que Diane Lacombe affectionne particulièrement depuis des
années :
« C'est
le côté celtique de l'Écosse qui m'a d'abord attirée. Puis au fil de mes
recherches, les similitudes que le pays présente avec le Québec, notamment son
drapeau et la dualité linguistique très présente au XVe
siècle, m'ont définitivement conquise. De plus, de nombreuses caractéristiques
des Highlands, comme la faune, la flore, la géologie, la température nordique,
offrent des ressemblances frappantes avec le Québec. Quand j'ai remis les pieds
en Écosse en juin 2003, je me suis sentie en pays de connaissance et presque en
terre d'adoption ! »
Univers musical
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La musique celtique, les fiddlers, la musique traditionnelle écossaise, le
chant grégorien, la musique d'inspiration médiévale sont autant d'ambiances
sonores dont Diane Lacombe aime s'entourer en situation d'écriture.
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Auteurs et albums favoris :
Loreena MCKennit (particulièrement
les albums Parallel Dreams, The book of secrets et The Mask and Mirror);
Les fiddlers Kevin Burke, Johnny Cunningham et Christian LeMaître dans leurs
albums Celtic Fiddle Festival;
Alan Stivell;
Hilary Rusher dans Celtic Sunrise;
Collection de musique celtique Celto phile;
Les albums Echoes in the Glen et Celtic Reverie dans la
collection «Solitudes»;
Les albums Slàinte et Vespers dans la collection «The National
Trust for Scotland»;
Memoria - Ensemble de musique ancienne et son album Les chemins du
Moyen-Âge;
Le dernier chevalier - Musique du temps de Maximilien 1er dans la
collection du Musée de la civilisation (Québec);
Sacred Treasures III- Choral masterworks from Russia.
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