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Alexandre Lazaridès



Alexandre Lazaridès
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Notice biographique

Originaire du Caire, en Égypte, Alexandre Lazaridès vit à Montréal depuis 1965 et a été couronné de nombreuses distinctions. Il a fait carrière dans l'enseignement collégial, a publié un essai, Valéry. Pour une poétique du dialogue (Presses de l'Université de Montréal, 1978), et s'est intéressé à la critique dramatique et musicale. Adieu, vert paradis est son premier roman, pour lequel il a été finaliste au prix Robert-Cliche 2008 et pour lequel il a reçu en 2010 le prix Ringuet de l'Académie des lettres du Québec.


Entretien avec l'auteur

Entretien avec Alexandre Lazaridès pour «Adieu, vert paradis».


En quelques mots, comment présenteriez-vous votre livre ?
J’ai essayé d’y montrer les conséquences d’un certain machisme, en particulier celui qui s’exprime à travers le culte de la force musculaire, sur la vie d’une famille de la diaspora, dans le contexte d’un pays de l’ancien tiers monde, jusque-là pacifique, mais à la veille de grands bouleversements, lorsque la cohabitation des langues, des religions et des cultures de diverses communautés y est devenue problématique. Le tout est vu par les yeux d’un enfant, et raconté par lui longtemps plus tard, loin de son pays de naissance, alors qu’il est devenu père à son tour.
Le titre de votre livre, Adieu, vert paradis, exprimerait donc la nostalgie de l’enfance et du passé ?
En partie seulement, parce que le « vert paradis » de cet enfant était peuplé de serpents déguisés en anges gardiens. Cet « adieu » exprimerait plutôt le soulagement d’en avoir fini avec une image idéalisée de l’enfance dans laquelle il ne pouvait se reconnaître et qui le rendait monstrueux à ses propres yeux. Son récit libère peu à peu un passé différent de celui qu’il pensait avoir vécu, tout en le délivrant d’oppressants souvenirs. La parole humaine est porteuse d’espoir et de lumière.
Qu’est-ce qui vous a poussé à écrire cet ouvrage ?
C’est peut-être la contradiction entre le principe solennellement affiché par la société occidentale des droits sacrés de l’enfant et le sort qui lui est concrètement réservé dans un monde qui soit a du mal à lui faire de la place, soit l’exploite comme force de travail ou comme chair fraîche. Sans oublier que le destin d’un enfant est adossé à celui de sa mère, et de la femme en général.
Quels sont les écrivains et les œuvres qui ont le plus influencé votre travail ?
Un proverbe chinois dit : « N’écris pas de livre avant d’en avoir lu mille. » Le résultat de leur assimilation est trop complexe pour que nous puissions dire avec certitude à quels auteurs nous sommes redevables. Disons Proust. Je compte aussi avec l’influence du cinéma. La technique narrative à laquelle j’ai eu recours, ce va-et-vient de la mémoire entre le passé et le présent, a été souvent mise en pratique dans le septième art ; elle me fascinait, autrefois.
Avez-vous des rituels d’écriture ? Lesquels ?
J’étais possédé par le monde de mon roman, même durant mon sommeil, je crois, parce que, au réveil, devenu de plus en plus matinal, j’avais souvent à l’esprit des scènes à développer auxquelles je n’avais jamais pensé. Mettre en mots cette « possession » était un exorcisme qui n’avait d’autre rituel que l’écriture elle-même, devant une feuille de papier, n’importe où, ou bien devant l’écran de l’ordinateur, dans mon bureau.
Quels sont vos projets ?
Je ne sais si le mot « projets » convient à ce que j’aimerais faire : m’occuper plus souvent de mes petites-filles, me remettre au piano, lire plus que je n’ai pu le faire durant ces trois dernières années. Tout en attendant une nouvelle « possession » par l’écriture.
Avez-vous une adresse électronique où vos lecteurs peuvent vous écrire ?
Oui : alexandre.lazarides@videotron.ca

Prix et distinctions

  • Finaliste au prix Lettres frontière, 2010
  • Finaliste au prix Léopold-Senghor du premier roman francophone, 2010
  • Prix La Virgule, 2010
  • Finaliste au prix Première, 2010
  • Lauréat du prix Ringuet de l'Académie des lettres du Québec, 2010
  • Finaliste au prix Robert-Cliche 2008, 2008
  • Hommage Arts, Lettres et Sciences, 2000
  • Prix Jean-Béraud, 1996