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Arlette Fortin



Arlette Fortin
© Danielle Couture

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Notice biographique

Arlette Fortin (1949 - 2009) a remporté le prix Robert-Cliche du premier roman en 2001 pour C'est la faute au bonheur. Elle a publié des nouvelles et des poèmes dans des ouvrages collectifs et des revues littéraires. Elle a écrit aussi pour le théâtre.

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De l'auteur au groupe VML

Résumé Carrière

Son premier roman publié en 2001 lui valait le prix Robert-Cliche.Elle a signé un monologue mettant en scène une personne âgée qu'elle a interprété jusqu'à tout récemment. Suite à quelques années d'enseignement en alphabétisation populaire, elle devient, de 1997 à 1999, l'instigatrice, la co-conceptrice et la rédactrice en chef du magazine Autrement dit. Un magazine destiné à une clientèle en difficultés de lecture. Elle a aussi signé des nouvelles, de la poésie et un conte pour enfant dans des ouvrages collectifs. Arlette Fortin organise et anime des événements littéraires. La vie est une virgule est son deuxième roman publié chez VLB.

Entretien avec l'auteur

Entretien avec Arlette Fortin pour «C'est la faute au bonheur».


Quel a été l'élément déclencheur à l'origine de votre roman ?
Difficile à dire. Les personnages me sont venus comme une surprise. Encore aujourd'hui, je les accueille comme un cadeau. J'ai d'abord cru qu'il s'agissait d'une série de courtes nouvelles mais plus j'écrivais et plus le souffle d'un roman s'installait. J'aimais tellement ces personnages. Et la narratrice (par ses idées et ses façons de dire) m'habitait vraiment. Elle m'envoûtait. C'est d'abord une histoire d'amour entre ces personnages et moi. Ils m'ont tellement tous surprise chacun leur tour que je ne pouvais plus m'arrêter. La symbiose était telle que j'avais parfois l'impression de plonger en plein cœur de la magie.
Quel était le défi à relever ?
Plonger tête baissée dans leur univers sans me censurer. Et surtout, je crois, ne jamais perdre le si fragile équilibre entre les fantaisies qui animent ces personnages et la tragédie qu'ils portent.
Il me fallait rester très vigilante. Et ce qui me tenait le plus à cœur, c'était de bien cerner leur essence. Ne pas m'en égarer afin de leur rendre justice.
Comment résumeriez-vous votre livre et cette philosophie du bonheur qui soude vos personnages ?
D'abord par ce souhait qui m'anime: que ces personnages puissent charmer certains lecteurs autant qu'ils ont su me charmer. Je l'ai dit. Je les aime. J'aime leur façon d'aimer la vie à travers le petit quotidien. De porter leurs rêves et de consacrer l'instant malgré les coups durs et les revers du temps. J'aime leur façon de tomber. De se relever. De s'entraider et de se tenir ensemble vaille que vaille. C'est autour de ça que le roman est bâti. Enfin, je dirais que c'est d'abord ça pour moi. Et puis, l'univers qu'ils proposent en est un qui m'apaise et qui, plus d'une fois, m'a réconciliée avec la vie.
Quand je les écrivais, c'était comme si j'avais besoin d'eux. Je ressentais le désir de voir que de belles personnes (naïves parfois, farfelues à leurs heures) puissent vivre leur petit bonheur et leurs ambitions sans se faire manger. Je ne voulais pas de méchanceté dans ce roman-là. J'étais animée par le désir d'une rencontre avec la bonté humaine. Et ce roman était le lieu où je pouvais répondre à ce besoin.
Qu'est-ce qui vous fait le plus plaisir dans l'obtention du prix Robert-Cliche ?
Je dois dire que j'accorde d'abord ce prix à mes personnages. Et c'est vrai. Dès la nouvelle, mon bonheur est allé vers mes personnages. Surtout Mylène, Pierre, Momo, les Jos-Louis et Bobonne. Surtout eux. Je n'arrêtais pas de me réjouir pour eux. Je sais moi qu'ils voulaient vivre et, à mon sens, ils le méritaient. Je sais aussi que c'est grâce à eux tout ça.. Et peu à peu, j'ai réalisé que ça m'arrivait à moi aussi. Je l'ai vécu comme une reconnaissance qui m'allait droit au cœur parce qu'elle touchait ce grand rêve que je porte depuis si longtemps: publier.
Et puis, c'est souvent que je m'attristais à l'idée que peut-être je ne réaliserais pas ce rêve. Alors, vous comprenez! Et sans vouloir faire mélo, il m'arrivait parfois de me dire que mourir sans toucher ce rêve me chagrinerait beaucoup parce que ma vie n'aurait pu être complète sans ça. Pas pour moi. Mais j'ai la certitude que j'aurais quand même écrit parce que la question ne se pose pas pour moi. J'écris par nécessité. Je ne pourrais pas m'en passer. C'est l'écriture qui me fait vivre. C'est toujours elle qui me nourrit.
Et peut-être mon plus grand bonheur depuis que j'ai appris la nouvelle, c'est la confirmation du fait que persister et ne jamais abandonner nos passions finit par porter fruit un bon jour. C'est cette joie-là que le prix me procure, un sentiment d'accomplissement et l'idée que des écrivains ont reconnu une valeur à mon roman.

Prix et distinctions

  • Prix littéraires Abitibi-Consolidated - Roman , 2007
  • Prix Robert-Cliche, 2001