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Jean Mohsen Fahmy



Jean Mohsen Fahmy
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Notice biographique

Né au Caire, en Égypte, en 1942, Jean Mohsen Fahmy habite aujourd'hui à Orléans en Ontario. Il a obtenu une licence en lettres de l'Université du Caire, un brevet en psychopédagogie de l'Université du Québec à Montréal, une maîtrise en lettres françaises de l'Université de Montréal et un doctorat en littérature et linguistique de l'Université McGill.
On lui doit déjà Amina et le mamelouk blanc (1998), Ibn Khaldoun – L'honneur et la disgrâce (2002) et L'agonie des dieux (2005), publiés aux Éditions L'Interligne. Il a également publié des romans jeunesse, ainsi que des essais littéraires, notamment sur Voltaire et Rousseau. Avec Frères ennemis, l'auteur signe un roman qui, tout en abordant une époque peu traitée de l'histoire du Québec, saura toucher un très grand nombre de lecteurs.
L'auteur a été nommé finaliste pour le prix Christine-Dumitriu-van-Saanen 2009 pour son roman Frères ennemis (VLB éditeur, 2009). Le Prix Christine-Dumitriu-van-Saanen récompense l'excellence littéraire en Ontario français grâce à une bourse de 5000 $ offerte conjointement par le Gouvernement du Québec et le Salon du livre de Toronto.
En 2010, toujours pour Frères ennemis, il a été nommé finaliste au Prix Trillium.


Entretien avec l'auteur

Entretien avec Jean Mohsen Fahmy pour «Frères ennemis».


En quelques mots, comment présenteriez-vous votre livre ?
Dans les années 1910, le Québec et le Canada français sont en plein bouillonnement. L’identité moderne du Québec est en train de naître. La Grande Guerre éclate : faut-il y participer ou non ? Tous ces débats publics ont des retentissements dans les vies personnelles. Ce sont ces débats, ces déchirements, que mon roman explore, à travers les destins croisés de deux jumeaux montréalais. Ils choisiront, dans l’exaltation et quelquefois la fureur, des chemins différents. Seront-ils écrasés par le poids de l’Histoire ? Seront-ils victimes ou maîtres de leur destin ? Leur parcours personnel est-il le reflet de celui de la société québécoise, d’alors et de toujours ? Ces questions sont éternelles et nous interpellent à toutes les époques.
Qu’est-ce qui vous a poussé à écrire cet ouvrage ?
Je n’écris un roman que si la période où il se déroule me fascine et a pour moi une profonde résonance. Depuis plus de quarante ans que je vis au Canada, j’entends parler de la crise (des crises) de la conscription. Je me suis intéressé à celle de 1917. J’ai ainsi appris des choses étonnantes sur ce qui s’est passé. J’ai voulu ressusciter cette période et ce roman bouscule un certain nombre d’idées reçues sur cette crise. Je sais aussi qu’une crise (sociale, politique, psychologique) est un formidable terreau littéraire. Un bon roman est surtout la dissection d’une crise…
Au fond, le roman historique, c’est pour ressusciter le passé ?
Oui, mais pas seulement cela. On est vraiment surpris de voir à quel point le roman historique peut aussi nous renseigner sur le présent. Tenez, dans ce roman, les Québécois se sont demandé en 1914 : « Faut-il envoyer nos hommes en Europe ? » Aujourd’hui, ils se demandent: « Faut-il envoyer nos hommes en Afghanistan ? » Ils ont beaucoup débattu alors de leurs liens avec les Canadiens français des autres provinces. Ils continuent de le faire aujourd’hui… Au fond, comme tout le monde sait, l’histoire est un éternel recommencement… Et puis, l’amour, la fidélité, la jalousie, l’ambition sont les mêmes en 1919 qu’en 2009. Historique ou pas, un bon roman raconte des choses qui nous touchent à toutes les époques…
Quels sont les écrivains et les œuvres qui ont le plus influencé votre travail ?
Je suis de formation relativement classique. Proust a été pour moi une découverte : sa dissection minutieuse des méandres du cœur humain est plus passionnante que l’exploration de l’univers. J’aime également beaucoup Hugo et Dumas. Ils m’ont appris (dans ma jeunesse) qu’un bon roman doit avant tout présenter cette qualité : raconter une bonne histoire. Plus près de nous, le souffle qui anime, par exemple, les romans d’Yves Beauchemin m’impressionne beaucoup.
Avez-vous des rituels d’écriture ? Lesquels ?
Comme j’écris des romans historiques, ils sont toujours précédés d’une intense recherche, qui peut s’échelonner sur plusieurs années. Une fois que je suis prêt à écrire, un seul rituel, un seul impératif : la discipline. Me lever tôt, me raser, m’asseoir à mon ordinateur. Ne pas me laisser aller au mirage de l’« inspiration » qu’il faudrait attendre pour écrire. Faire de grosses journées d’écriture. Ne cesser que quand le point final est mis…
Quels sont vos projets ?
Beaucoup de mes romans explorent, d’une façon ou d’une autre, le thème universel de la rencontre des cultures, des civilisations et des religions (soit sur le mode conflictuel ou sur le mode de l’exploration curieuse et du rapprochement). Au cours des deux prochaines années, je me propose de faire une grande recherche dans des bibliothèques et des centres d’archives pour découvrir de nouvelles pistes sur ces thèmes, qui pourraient nourrir ma vision de cette question – et donc, mes prochains romans.
Avez-vous une adresse électronique où vos lecteurs peuvent vous écrire ?
Oui : jmfahmy@rogers.com