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Louise Lacasse



Notice biographique

Née à Alma, Louise Lacasse vit maintenant à Montréal où elle enseigne le français aux adultes.


Entretien avec l'auteur

Entretien avec Louise Lacasse pour «Éteignez, il n'y a plus personne»


En quelques mots, comment présenteriez-vous votre livre ?
Il y a des lieux aux confins de la planète, il y en a même au Québec. On s'y sent à l'écart du monde, et dangereusement en voie d'extinction. Ce roman traite des petites fins du monde, des habitants qui désertent leur région et de l'état d'âme dans lequel ils se retrouvent, délestés de leurs origines.

Un matin votre voisine a vendu sa terre, le lendemain, le curé son presbytère. On déboise, on creuse, on exploite jusqu'au dernier souffle du dernier ours. On installe des éoliennes gigantesques dans la cour de l'ultime famille d'agriculteurs. Le monde est à l'envers, le fermier trait ses poules, la postière a perdu la raison. Et c'est pourquoi l'héroïne de cette histoire préfère rester aux États.
Une anecdote ou une histoire particulière est-elle liée à l'écriture de votre livre ?
Chaque été, j'ai le bonheur d'aller me reposer sur le bord du fleuve dans le Bas-Saint-Laurent. Mais comment rester insensible devant la lente érosion de ce milieu de vie ? Pas d'enfants nulle part, rien pour distraire un ado. L'école va fermer, on rapatriera les enfants quinze kilomètres plus loin. Même le fleuve est déserté : de très rares embarcations, aucun baigneur. Un colibri vient me visiter tous les jours, il va se retrouver dans ce roman avec les autres personnages : fermiers, quincailler, postière…
Qu'est-ce qui vous a poussée à écrire cet ouvrage ?
J'ai envie de prendre une place, si minuscule soit-elle, dans le discours sur le monde, mais ce que je dis n'est trop souvent que confusion ou cafouillis. Heureusement, la littérature permet de n'écrire que des interrogatives ou des points de suspension.
J'ai toujours été frappée de voir dans les reportages, après des catastrophes les plus dramatiques, les enfants jouer au ballon, courir, rire. Le rire fuse partout, toujours, dans la misère ou la maladie. J'ai eu envie de rire, moi aussi.
Quels sont les écrivains et les œuvres qui ont le plus influencé votre travail ?
Gaston Miron collectionnait des expressions d'ici qu'il recopiait dans ses petits carnets. Que dire de celles de Victor-Lévy Beaulieu ! Ses tournures de phrases sont des plus craquantes. Ces auteurs sont certainement présents dans mon écriture.
Dans ce roman, j'ai opté pour un narrateur présent omniscient, inspiré de La caverne de Saramago. Un narrateur effronté qui se mêle de l'histoire, réagit et commente.
Pour le plaisir des mots, de l'incongru et de la drôlerie absurde, je me suis précipitée dans la décadence d'une région avec acharnement, mais, à la manière d'Éric Chevillard, en gardant toujours le sourire.
Avez-vous des rituels d'écriture ? Lesquels ?
J'écris huit lignes entre 2 h et 3 h 10 du matin, quand je me réveille en sursaut et que mon cœur fait boum. Le reste du temps, je suis au boulot ou à la maison en train de peler les pommes de terre.
Quels sont vos projets ?
Écrire. Rassembler mes notes prises la nuit. J'ai une jolie collection de réflexions et de confidences d'élèves, cela mérite analyse.
Avez-vous une adresse électronique où vos lecteurs peuvent vous écrire ?
Oui : < lou.lacasse@sympatico.ca>.