Résumé Carrière
Né à Montréal en 1948, Lucien Francoeur se découvre dès l’adolescence une passion pour la poésie; ainsi, après avoir lu «Ma bohème» de Rimbaud dans une anthologie scolaire, il commence à écrire des poèmes pastiches. À l’âge de 18 ans, après trois années d’errance dans les rues de Montréal, de New York et de Toronto, il décide de devenir écrivain et rédige son premier recueil de poésie, qui sera refusé par tous les éditeurs à qui il le proposera. Il séjourne ensuite un peu plus d’une année à La Nouvelle-Orléans où il reprend ses études abandonnées trois ans plus tôt et obtient rapidement un diplôme de high school. Au début de 1970, de retour à Montréal, il s’inscrit en lettres françaises au cégep de Maisonneuve, s’associe à la littérature québécoise contre-culturelle (Gilbert Langevin, Louis Geoffroy, Denis Vanier, Patrick Straram, Pierrot Léger, Emmanuel Cocke, Victor-Lévy Beaulieu, etc.) et se remet à l’écriture poétique. Mais c’est après avoir assisté à la Nuit de la poésie de 1970 qu’il écrit ses premiers textes novateurs et tourne littéralement la page à l’écriture existentialiste qu’il pratiquait jusque-là. Ces quelques poèmes écrits le matin même de la Nuit de la poésie lui valent l’attention de Gaston Miron et des frères Hébert de la revue littéraire Les Herbes rouges. Aussitôt, Gaston Miron lui propose de publier son recueil, Minibrixes réactés, aux Éditions de l’Hexagone; l’ouvrage paraît finalement en 1972. Francoeur se promène alors entre Vancouver, Los Angeles et San Francisco, adoptant le mode de vie hippie (amour libre, paradis artificiels et rock’n’roll) et publiant des recueils qui témoignent de cet éclatement underground et californicateur, ainsi que de ses multiples descentes aux enfers. Après quelques prestations scéniques alliant lectures de poèmes et musiques improvisées (par le Jazz Libre du Québec et autres groupes de fortune) à la Casanou de l’Association Española de Pedro Rubio et de Pierrot le fou Léger, il fonde le groupe Aut’Chose et signe un contrat de disques avec la multinationale CBS-Sony.
Son microsillon est lancé en 1975: Prends une chance avec moé sera suivi, dans la même année, d’Une nuit comme une autre, puis d’un troisième, en 1976, Le cauchemar américain. Après la dissolution du groupe Aut’Chose, six autres disques verront le jour sous le nom de Francoeur, dont le plus récent, Dans la jungle des villes, chez les disques Star au printemps 2001. En 1976, il est sollicité par Bernard Delvaille et devient le premier auteur de sa génération à publier en France avec Drive-in, aux Éditions Seghers. En 1981, une sélection de ses poèmes paraît en anglais, sous le titre Neons In The Night; la traduction, de Suzanne de Lotbinière-Harwood, reçoit le prix John-Glassco en 1982.
Francoeur obtient également le prix Émile-Nelligan en 1983 avec un livre iconoclaste et déflagrateur, Les rockeurs sanctifiés, publié aux Éditions de l’Hexagone. Puis, en 1985, Exit pour nomades aux Écrits des Forges reçoit le Grand Prix de poésie du Journal de Montréal. En 1987, à l’occasion d’un concours à Radio-Canada, sa chanson «Café Rimbaud» l’emporte: elle sera chantée et endisquée, en cinq versions différentes, par Gerry Boulet, Michel Rivard, Steve Faulkner, Marie Bernard et Lina Boudreau. Souhaitant se consacrer à l’enseignement de la littérature, Lucien Francoeur retourne aux études en 1979. Compte tenu de son expérience pertinente dans le domaine littéraire, l’Université du Québec à Trois-Rivières l’accepte en maîtrise. Sous la direction et l’encouragement de Gatien Lapointe, il rédige alors «L’instantanéité créatrice», un mémoire en création littéraire s’inspirant de l’oeuvre de Gilles Deleuze, et obtient une maîtrise ès lettres. Il devient presque aussitôt professeur au Département de français du cégep de Rosemont. De 1989 à 1996, il est animateur à CKOI-FM et, en 1994, il a sa propre émission de télévision à TQS: Le Blues à Francoeur. En 1992, Pierre Bastien réalise, pour le compte des Productions Imageries, un long-métrage (fiction-documentaire) qui retrace sa vie: Exit pour nomades. Francoeur renoue avec l’écriture en 1999, alors qu’il publie, après un silence de près de douze ans, en collaboration avec Claude Pélieu, Ne cherche rien/Ailleurs qu’ici dans la collection «Vis- à-vis» dirigée par Claudine Bertrand aux Éditions Trait d’union. En 2001, il fait un retour en force avec la parution de sa musicographie chez Musimax et le lancement, au Québec et en France, de trois livres et un disque: Trafiquer dans l’inconnu (présentation inédite de la correspondance de Rimbaud) aux Écrits des Forges, Clo la gitane (recueil de poèmes d’amour accompagné d’un CD) aux Éditions Trait d’union, Express pour l’Éden (recueil de poèmes rock’n’roll et destroy) aux Écrits des Forges et enfin Dans la jungle des villes aux Disques Star. Lucien Francoeur partage son temps entre l’enseignement, les lectures de poèmes, les concerts de rock et les interventions médiatiques, en tant que polémiste et animateur. Il collabore également au site «www.lucienfrancoeur.com», conçu et élaboré par Christian Morency et Ronald McGregor.