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Paul Chamberland



Paul Chamberland
© Photo : © Josée Lambert

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Notice biographique

Essayiste et poète, pro­fes­seur de lit­té­ra­ture à l’Uni­ver­sité du Qué­bec à Mon­tréal de 1992 à 2004, Paul Cham­ber­land est l’au­teur de nom­breux ouvra­ges. Il a reçu le Prix de l’es­sai de la revue Spi­rale, en 2000, pour En nou­velle bar­ba­rie, et le prix Vic­tor-Bar­beau de l’Aca­dé­mie des let­tres du Qué­bec, en 2005, pour son der­nier essai paru chez VLB édi­teur, Une poli­ti­que de la dou­leur.

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De l'auteur au groupe VML

Résumé Carrière

Né le 16 mai 1939 à Longueuil, près de Mont­réal, Paul Chamberland a vécu la plus grande partie de son enfance et sa jeunesse à Bou­cherville, en milieu rural. Après des études clas­siques au collège de Saint-Laurent, il entre­prend des études universitaires en philosophie à l’Uni­versité de Montréal.Cofondateur de la revue Parti pris (1963-1968), il y est l’un des rédacteurs réguliers jusqu’en 1966. C’est ainsi qu’il participe activement à l’émergence du courant libérateur des années soixante, qui va faire de l’indépendance du Québec et du socialisme la grande cause de toute une génération. Paraissent alors, successivement, les premiers ouvrages poé­tiques : Terre Québec, L’afficheur hurle et L’ina­vouable.
Un séjour d’études de deux ans en France, en sociologie de la littérature, sous la direction de Lu­cien Gold­mann, forme une période de transition qui s’achèvera avec l’implication directe dans le mou­vement de Mai 68. De retour au Québec, il en­sei­gnera deux ans au Département d’études fran­çaises de l’Uni­versité de Montréal. Mais c’est l’époque où les nou­velles valeurs et attitudes de ce qu’on a ap­pelé d’abord contre-culture et ensuite mou­vement alternatif prennent leur essor. Il quitte son poste universitaire et, dans un premier temps, met au point son activité d’écrivain-animateur libre, avec la «Fabrike d’ékriture» ou dans le cadre du groupe d’artistes-animateurs «In-Media».
Il affir­me ses nouvelles cou­leurs au cours de la «Nuit de la poésie» de mars 1970. En un deuxième temps, de 1973 à 1979, il s’implique totalement dans l’expé­rience «utopique» de la commune de Morin Heights.Cette période en est une d’intense création poé­tique. Les ouvrages publiés manifestent nettement un caractère de nouveauté, signalé notamment par le recours à la calligraphie, au collage, à l’illustration et à l’amalgame des «genres» : Demain les dieux naî­tront, Le Prince de Sexamour et Extrême survi­vance extrême poésie. Il collabore régulière­ment à la revue « alternative » Mainmise et à Hobo-Québec, conçues et réalisées par une nouvelle génération d’écri­vains axés sur la modernité.
Au cours de ces années-là, l’auteur n’a pas de si­tuation fixe, il s’adonne à un parcours «nomade». Grâce à des bourses octroyées soit par le Conseil des Arts du Canada soit par le ministère des Affaires culturelles du Québec, il peut consacrer une grande partie de son temps à la création. Il poursuit par ail­leurs, dans des contextes divers, son activité au sein d’ateliers d’écri­ture. Il participe régulièrement à des lectures ou des spectacles de poésie. «Solstice de la poé­sie 76», «Sept paroles du Québec» (festivals de La Ro­chelle et d’Avignon, été 1980), «Poésie ville ou­verte» (au­tomne 1983) restent quelques-uns des événe­ments majeurs à cet égard. Sur un mode in­ti­miste mais non moins signifiant, il fait des lectures dans des insti­tu­tions d’enseignement, des cafés et à «Place aux poè­tes», animée par Janou Saint-Denis.
Il participe régulièrement à des «missions» cultu­­relles, comme ce séjour en Hongrie, en compagnie de Nicole Brossard, en 1978. Il s’est également ex­primé par le biais des médias, à la télévision (Demi-tour, à Radio-Québec, 1982) et à la radio (La fin des mora­les, série de 17 émissions à la radio FM de Radio-Canada). À partir des années quatre-vingt, son écriture semble devoir prendre une tournure «philoso­phi­que», depuis Terre souveraine (essai sur la question du Qué­bec) jusqu’au Recommencement du monde (mé­ditations sur le processus apocalyptique). Il collabore ré­gu­lièrement à des colloques ainsi qu’à des revues comme Possibles, La Nouvelle Barre du Jour, Estuaire, Les Herbes rouges. Dès 1986, il anime, en tant que chargé de cours, des ate­liers d’écri­ture à l’Uni­ver­sité du Qué­bec à Mon­t­réal (UQAM), où il est pro­fes­seur au Dépar­te­ment d’étu­des lit­té­rai­res de 1992 jusqu’à sa retraite, en 2004. De 1995 à 1997, il y occupe éga­le­ment la fonc­tion de direc­teur des étu­des supé­rieu­res. Il est mem­bre du con­seil d’ad­mi­nis­tra­tion de l’Union des écri­vai­nes et écri­vains qué­bé­cois (UNEQ) de novem­bre 1991 jus­qu’en février 1994. Durant les années qua­tre-vingt-dix, il publie trois livres de «géo­gram­mes» (Le mul­ti­ple évé­ne­ment ter­res­tre, L’as­saut contre les vivants et Le froid cou­pant du dehors) dans les­quels l’ac­tua­lité forme le maté­riau d’une vaste repré­sen­ta­tion poé­ti­que du «mul­ti­ple évé­ne­ment ter­res­tre». Il pour­suit sa réflexion éthi­que sur des ques­tions de société ou de civi­li­sa­tion dans Un livre de morale et dans En nou­velle bar­ba­rie. Il par­ti­cipe, en 1991, à la recher­che et au tour­nage du film docu­men­taire de Jean-Daniel Lafond, La manière nè­gre ou Aimé Césaire che­min fai­sant. Au prin­temps 1999, il prend part à la tour­née de poè­tes qué­bé­cois, «Un bleu d’Amé­ri­que», orga­ni­sée en France par l’UNEQ à l’oc­ca­sion du «Prin­temps des poè­tes», et reçoit la même année le Prix de poé­sie Ter­ras­ses Saint-Sul­pice de la revue Estuaire pour In­time fai­blesse des mor­tels. En 2000, il est lau­réat du Prix de l’es­sai de la revue Spi­rale pour En nou­velle bar­ba­rie.Son re­cueil de poè­mes, Au seuil d’une au­tre Terre, a ob­tenu le Prix de la So­ciété des écri­vains ca­na­diens en 2004, son der­nier es­sai, Une po­li­ti­que de la dou­leur, a rem­porté le prix Vic­tor-Bar­beau de l’Aca­dé­mie des let­tres du Qué­bec, en 2005. En outre, il a gagné le prix Athanase David en 2007.

Prix et distinctions