Résumé Carrière
Né le 16 mai 1939 à Longueuil, près de Montréal, Paul Chamberland a vécu la plus grande partie de son enfance et sa jeunesse à Boucherville, en milieu rural. Après des études classiques au collège de Saint-Laurent, il entreprend des études universitaires en philosophie à l’Université de Montréal.Cofondateur de la revue Parti pris (1963-1968), il y est l’un des rédacteurs réguliers jusqu’en 1966. C’est ainsi qu’il participe activement à l’émergence du courant libérateur des années soixante, qui va faire de l’indépendance du Québec et du socialisme la grande cause de toute une génération. Paraissent alors, successivement, les premiers ouvrages poétiques : Terre Québec, L’afficheur hurle et L’inavouable.
Un séjour d’études de deux ans en France, en sociologie de la littérature, sous la direction de Lucien Goldmann, forme une période de transition qui s’achèvera avec l’implication directe dans le mouvement de Mai 68. De retour au Québec, il enseignera deux ans au Département d’études françaises de l’Université de Montréal. Mais c’est l’époque où les nouvelles valeurs et attitudes de ce qu’on a appelé d’abord contre-culture et ensuite mouvement alternatif prennent leur essor. Il quitte son poste universitaire et, dans un premier temps, met au point son activité d’écrivain-animateur libre, avec la «Fabrike d’ékriture» ou dans le cadre du groupe d’artistes-animateurs «In-Media».
Il affirme ses nouvelles couleurs au cours de la «Nuit de la poésie» de mars 1970. En un deuxième temps, de 1973 à 1979, il s’implique totalement dans l’expérience «utopique» de la commune de Morin Heights.Cette période en est une d’intense création poétique. Les ouvrages publiés manifestent nettement un caractère de nouveauté, signalé notamment par le recours à la calligraphie, au collage, à l’illustration et à l’amalgame des «genres» : Demain les dieux naîtront, Le Prince de Sexamour et Extrême survivance extrême poésie. Il collabore régulièrement à la revue « alternative » Mainmise et à Hobo-Québec, conçues et réalisées par une nouvelle génération d’écrivains axés sur la modernité.
Au cours de ces années-là, l’auteur n’a pas de situation fixe, il s’adonne à un parcours «nomade». Grâce à des bourses octroyées soit par le Conseil des Arts du Canada soit par le ministère des Affaires culturelles du Québec, il peut consacrer une grande partie de son temps à la création. Il poursuit par ailleurs, dans des contextes divers, son activité au sein d’ateliers d’écriture. Il participe régulièrement à des lectures ou des spectacles de poésie. «Solstice de la poésie 76», «Sept paroles du Québec» (festivals de La Rochelle et d’Avignon, été 1980), «Poésie ville ouverte» (automne 1983) restent quelques-uns des événements majeurs à cet égard. Sur un mode intimiste mais non moins signifiant, il fait des lectures dans des institutions d’enseignement, des cafés et à «Place aux poètes», animée par Janou Saint-Denis.
Il participe régulièrement à des «missions» culturelles, comme ce séjour en Hongrie, en compagnie de Nicole Brossard, en 1978. Il s’est également exprimé par le biais des médias, à la télévision (Demi-tour, à Radio-Québec, 1982) et à la radio (La fin des morales, série de 17 émissions à la radio FM de Radio-Canada). À partir des années quatre-vingt, son écriture semble devoir prendre une tournure «philosophique», depuis Terre souveraine (essai sur la question du Québec) jusqu’au Recommencement du monde (méditations sur le processus apocalyptique). Il collabore régulièrement à des colloques ainsi qu’à des revues comme Possibles, La Nouvelle Barre du Jour, Estuaire, Les Herbes rouges. Dès 1986, il anime, en tant que chargé de cours, des ateliers d’écriture à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), où il est professeur au Département d’études littéraires de 1992 jusqu’à sa retraite, en 2004. De 1995 à 1997, il y occupe également la fonction de directeur des études supérieures. Il est membre du conseil d’administration de l’Union des écrivaines et écrivains québécois (UNEQ) de novembre 1991 jusqu’en février 1994. Durant les années quatre-vingt-dix, il publie trois livres de «géogrammes» (Le multiple événement terrestre, L’assaut contre les vivants et Le froid coupant du dehors) dans lesquels l’actualité forme le matériau d’une vaste représentation poétique du «multiple événement terrestre». Il poursuit sa réflexion éthique sur des questions de société ou de civilisation dans Un livre de morale et dans En nouvelle barbarie. Il participe, en 1991, à la recherche et au tournage du film documentaire de Jean-Daniel Lafond, La manière nègre ou Aimé Césaire chemin faisant. Au printemps 1999, il prend part à la tournée de poètes québécois, «Un bleu d’Amérique», organisée en France par l’UNEQ à l’occasion du «Printemps des poètes», et reçoit la même année le Prix de poésie Terrasses Saint-Sulpice de la revue Estuaire pour Intime faiblesse des mortels. En 2000, il est lauréat du Prix de l’essai de la revue Spirale pour En nouvelle barbarie.Son recueil de poèmes, Au seuil d’une autre Terre, a obtenu le Prix de la Société des écrivains canadiens en 2004, son dernier essai, Une politique de la douleur, a remporté le prix Victor-Barbeau de l’Académie des lettres du Québec, en 2005. En outre, il a gagné le prix Athanase David en 2007.