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Pierre Vallières



Pierre Vallières
© Photo : © Martin Leclerc

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Notice biographique

Pierre Vallières a toujours été un être très marginal. Il vivait sa révolte et sa spiritualité avec une douloureuse intensité. Sa quête de justice l'a constamment poussé au combat, comme militant et écrivain. Il a signé une centaine de textes dans lesquels il a maintes fois révisé et modifié ses jugements. Cette versatilité, qui a déconcerté de nombreux lecteurs, s'explique lorsqu'on découvre l'homme tourmenté qui se cachait derrière le militant.
Penseur et militant de gauche, membre du FLQ, Pierre Vallières (1938-1998) a publié plusieurs essais politiques, dont le très célèbre Nègres blancs d'Amérique (Parti pris, 1968; Typo, 1994).

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De l'auteur au groupe VML

Résumé Carrière

Pierre Vallières est né à Montréal en 1938 dans une famille ouvrière du faubourg à m’lasse (Centre-Sud). Malgré une grande précarité économique, il a réussi de peine et de misère à compléter un cours classique dans les années cinquante. C’est d’ailleurs pendant ces études que le goût d’écrire lui est venu. En 1955, à l’âge de dix-sept ans, il écrit un premier livre, un roman, Noces obscures, publié à l’Hexagone... en 1986.
De 1952 à 1960, ses études furent souvent abandonnées pour des séjours forcés en milieu de travail. Il fut tour à tour travailleur du vêtement, commis de bureau, ouvrier de la construction. En 1960, au début de la Révolution tranquille, il n’avait pas les moyens d’entrer à l’université.
C’est par la publication d’articles dans la revue Cité libre qu’il attira l’attention des Pierre Elliott Trudeau et Gérard Pelletier. Au printemps 1962, Pelletier l’engagea comme journaliste à La Presse. L’année suivante, il devint co-directeur de Cité libre et secrétaire général du Syndicat des journalistes de Montréal (SJM-CSN).
Devenu très tôt indépendantiste et socialiste, Pierre Vallières se sépara en 1964 de Cité libre pour fonder, avec Charles Gagnon, la revue Révolution québécoise, laquelle s’allia à Parti pris pour créer le Mouvement de libération populaire (MLP).
Animés d’un désir radical de révolution globale, comme beaucoup de jeunes à cette époque, Vallières et Gagnon adhérèrent au Front de libération du Québec en 1965. Arrêtés à New York à l’automne 1966 et accusés de sédition, ils furent emprisonnés à New York puis à Montréal pendant plus de quatre ans. Leurs nombreux procès donnèrent lieu à diverses manifestations, parfois assez violentes, surtout dans les années 1968 et 1969.
C’est peu de temps après son arrestation à New York à l’automne 1966 que Pierre Vallières rédigea en prison et d’un seul trait Nègres blancs d’Amérique.
L’ouvrage fut édité par Gérald Godin (Parti pris) en février 1968. Considéré comme subversif, Nègres blancs d’Amérique fut interdit par les autorités quelques mois plus tard. Auteur, éditeur et distributeur furent accusés de sédition. Mais dans ce cas, il n’y eut jamais procès proprement dit. En 1973, l’accusation de sédition était retirée en douce par le ministère de la Justice.
Après les années de prison, Pierre Vallières travailla à un projet de coopérative ouvrière à Mont-Laurier (1972), puis retourna au journalisme quotidien, au Devoir d’abord (1973-1975), puis au Jour (1975-1976). Après 1976, il se consacra alternativement à l’écriture et à l’intervention sociale. Il a publié à ce jour une douzaine d’ouvrages et se propose d’en publier d’autres dans le proche avenir. Il vient de publier un essai chez VLB éditeur (Le devoir de résistance). Il réside et milite dans le quartier Centre-Sud de Montréal.
L’objectif de Pierre Vallières demeure celui qu’il a fixé dans Nègres blancs d’Amérique: secouer les habitudes, les routines et les lâchetés où se noue la soumission personnelle et collective au désordre établi. Son problème n’est pas et n’a jamais été la prise du pouvoir (il laisse cela aux politiciens) mais le réveil des consciences et des énergies. C’est en ce sens que, pour lui, la révolution, sous quelque forme qu’elle se présente un jour, doit encore être désirée, et surtout bâtie à partir de la base.
Ce désir d’insurrection a son origine au Québec dans le Refus global (1948). Pour Pierre Vallières, Paul-Émile Borduas, et non Lionel Groulx, est la figure emblématique de la révolution des années soixante. Même dans un Québec indépendant, capitaliste et pro-américain, il faudra construire un pouvoir radicalement nouveau et mettre de l’avant un projet de société, un projet de vie qui ait du sens pour les générations futures.