Prix Robert-Cliche ...du premier roman
Vlb éditeur
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1998 à 1995 / 1994 à 1991 / 1990 à 1987 / 1986 à 1983 /  1982 à 1979 

 
 
Lauréate 1982
Chrytine Brouillet
Chrytine Brouillet

Chrystine Brouillet est née à Loretteville, près de Québec, en 1958. Écrivaine généreuse et débordante d'imagination, elle n'a plus cessé de publier pour les jeunes, mais aussi pour les adultes. Elle se dit fasciner par le roman policier, le «thriller», donc par tout ce qui est de nature criminelle, psychologie, droit, ésotérisme, fantastique, etc.

 
 
CHÈRE VOISINE

CHÈRE VOISINE
 

CHÈRE VOISINE
Une série d'étranges personnages, une histoire à la fois loufoque et tragique, des meurtres en série, en bref un roman à suspense où l'imagination domine.

«Dans ce roman de quelque deux cents pages, il n'y a aucun de ces liens pénibles, entre les séquences, qui dénoncent l'écrivain inexpérimenté. Tout s'enchaîne harmonieusement, comme par nécessité, et enchaîne le lecteur. Au besoin, pour obtenir des effets dramatiques, la phrase se fait courte. Quelques mots, un seul parfois. Et les dialogues, pourtant nombreux, sont parfaitement naturels.»

LA BELLE ÉPOUVANTE
Elle rit et j’aime tellement l’entendre rire que je capture son rire pour me donner confiance, courage. La nuit, c’est bizarre, Elle et moi on se ressemble. Une gémellité qui contient tout. Enfin, tout ce qui revigore, fait exulter. Soudain, plus peur de tout, plus mal de rien. À nos guises, on se touche, on se fait du bien, longtemps. L’amour fou n’est pas si fou que ça, que je me dis. »

Les éditions Typo ont publié en
format de poche ce premier roman de
Robert Lalonde

~Lire un extrait ici~


 
 
Lauréat 1981

 
LA BELLE ÉPOUVANTE

LA BELLE ÉPOUVANTE
 

Robert Lalonde
Robert Lalonde

Comédien, Robert Lalonde a joué des tas de rôles au théâtre, au cinéma, à la télévision. Il a aussi fait une adaptation des Trois Soeurs de Tchekhov. Il écrit des chansons, des romans, et nous offre ici une très belle histoire d'amour fou... et qui dure encore.


 
 
Lauréate 1980
Madeleine Monette
Madeleine Monette

Madeleine Monette est née à Montréal en 1951. Diplômée en littérature de l'Université du Québec à Montréal, elle pratique l'enseignement de 1972 à 1978. Après avoir écrit à New York Le Double Suspect, elle élit domicile dans cette ville. Elle a fait paraître trois autres romans: Petites violences (1982), Amandes et Melon (1991), et La femme furieuse (1997).

 
LE DOUBLE SUSPECT

LE DOUBLE SUSPECT
 

LE DOUBLE SUSPECT
Dans ce roman sur la séduction, qui emprunte à l'intrigue policière et au roman psychologie, Madeleine Monette exploite le thème du double pour faire apparaître les rapports secrets qui se tissent entre les êtres. S'étant donné rendez-vous à Rome, deux compagnes de travail doivent voyager ensemble vers le sud. Mais Manon abandonne Anne, et son départ de déguisse pas longtemps un suicide. A partir du journal intime que Manon laisse derrière elle, Anne entreprend de percer son énigme, tout en fabriquant la sienne... Imaginez: s'approprier la vie et la mort d'autrui, et ce qu'elles contiennent de fascination.

L'EMPRISE
«Block, en apparence si sage, devient délibérément délinquant. Sa quête acharrnée, et qui se confond ici avec sa folie de vouloir tout savoir sur son mystérieux double si insaisissable pour lui, le conduira finalement, au bord de la furie, à produire des gestes attentoires aux droits élémentaires de l'individu, à sa paix et à sa liberté. Ou bien toute cette histoire, qui le rend malade, ira jusqu'au bout de sa logique ou bien elle s'arrêtera net en son cours, pense-t-il. L'alternative lui semble claire: ou cela plie ou cela casse.»

L'emprise, c'est celle d'un être sur un autre, exercée à la façon d'un reflet qui fascine. Et en même temps, c'est tout le cheminement de l'écrivain soumis à l'écriture, du lecteur envahi par le récit. C'est l'ascendant du personnage -- le double -- qui entraîne de l'autre côté du miroir.


Extrait

Le voilà de nouveau, sur la même artère, debout dans l'entrée du même magasin, avec sa serviette de cuir qu'il serre contre lui à deux bras, de peur, dirait-on, qu'on la lui vole.
Il attend.
Ou du moins il regarde. Il scrute la rue, considère la tourbe des citadins, épouille les troupeaux d'autos. Il écume tout. Aucun événement n'échappe au tamis de sa conscience. Le plus infime pli de la réalité a droit à son examen minutieux. Il apprend. À chacun ses façons.
Les bureaux viennent de fermer. Débondement d'hommes et de choses à cette heure. Une sorte de grande débâcle semble ébranler la ville, et le quartier grouille d'activité. Les passants se hâtent comme si on les poursuivait. Ils défilent à une vitesse d'ombres chinoises. Va-et-vient affairé. C'est le meilleur moment pour surveiller.
Il attend. Il débusque des quantités de signes et les déguste tels quels. Parfois ses lèvres s'agitent comme pour commenter une situation. Son murmure s'accompagne de ce petit sourire de dédain qu'on lui connaît. On a beau tenter de l'approcher pour l'écouter, il change de place. Il ne veut pas qu'on l'entende, ni même, par moments, qu'on le remarque. Mais il n'échappe à personne avec son pantalon rouge si voyant. Le fixe-t-on avec un peu trop d'insistance, avec l'air de le juger étrange ? Alors il perd contenance. Ses lèvres précipitent leurs mouvements muets, comme si elles injuriaient. Il passe nerveusement une main sur ses cheveux noirs, lisses et graisseux. Il étrangle davantage sa serviette contre lui. Ses pieds un peu malhabiles se mettent en branle et le voilà de nouveau parti. Marche mécanique, interminable, inlassable, marche déroutante de somnambule à travers la ville animée.
Il croit se dérober. Mais on le retrouve vite un peu plus loin, à la gare routière par exemple. Il s'y signale très souvent.
Il attend.
Avec, au bout du bras, sa serviette bien étanche. Son veston bleu un peu raide et sa chemise boutonnée jusqu'au cou le protègent contre le monde extérieur. Il regarde les gens partir. Lui, il ne voyage jamais. Les autres, dirait-on parfois, s'en vont parce qu'il les apeure. Évidemment, il s'agit d'une illusion. Mais il aime bien y croire, parce que ça l'amuse. Il ne fait rien, il ne dit rien, il regarde tout bonnement : et les gens fuient ! C'est merveilleux ! Quel pouvoir ! De quoi en tirer vanité !
Il peut rester là, debout, dans la même position, sa serviette dans les bras, en plein soleil, il aime la lumière, durant des heures et en toutes saisons. L'hiver, il n'a pas froid, semble-t-il. L'été, il ne sue pas. Il attend. Dur et sec.

p. 7-8




 
 
lauréat 1979

 
 
L'EMPRISE

L'EMPRISE
 

Gaétan Brulotte
Gaétan Brulotte

Romancier et essayiste, Gaétan Brulotte est détenteur d'une license en Lettres et d'une maîtrise en littérature française, ainsi que d'un doctorat en sémiologie et écriture de l'Université de Paris Vll -- où il a travaillé sous la direction de Roland Barthes. Depuis 1969, il enseigne aux niveaux collégial et universitaire au Québec et aux États-Unis. L'emprise commencé il y a quelques années puis repris à son retour de France, est en fait son troisième roman. Pluisieurs sont encore inédits.

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