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  • Les forces de destruction qui emportent le cours du monde sont à ce point démesurées qu'elles semblent excéder la portée de tout effort visant à les contenir. L'espèce humaine est confrontée à la menace d'un anéantissement et, plus grave encore, à celle d'une exténuation de son humanité.

    Face à l'extrême qui vient, chaque être humain est enjoint à reconnaître que son sort ne se distingue plus de celui de n'importe qui d'autre. Nous sommes devenus des survivants antérieurs. Pendant le temps qu'il reste, il nous revient comme tâche inéluctable de chercher une issue qui fraye la voie à nos descendants. Or, cette tâche se heurte apparemment à l'impossible. Comment alors ne pas désespérer ? Telle est la question soumise au travail de la pensée. Plutôt que de considérer le désespoir comme une tentation à laquelle ne pas céder, l'auteur propose au contraire de l'éprouver à fond. Car faire résolument face à la Destruction aurait peut-être pour effet d'aiguiser la lucidité requise pour en mettre la racine à nu.

    Le « résultat » final de la Destruction s'annonce comme la réduction généralisée des conditions de l'existence à la vie nue : le dénuement, la détresse et le déni de tout droit et de toute dignité. Accueillir la vie nue, telle serait l'ultime opération. On ne pourrait toutefois l'effectuer qu'à la condition d'assumer sa propre vulnérabilité. Ainsi pourrait être dégagée la seule puissance capable de désamorcer les ressorts de la pulsion d'autodestruction qui risque de précipiter l'humanité à sa perte. Tel serait, pour une communauté d'« accueillants », le pari d'une espérance endeuillée.

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  • Les forces de destruction qui emportent le cours du monde sont à ce point démesurées qu'elles semblent excéder la portée de tout effort visant à les contenir. L'espèce humaine est confrontée à la menace d'un anéantissement et, plus grave encore, à celle d'une exténuation de son humanité.

    Face à l'extrême qui vient, chaque être humain est enjoint à reconnaître que son sort ne se distingue plus de celui de n'importe qui d'autre. Nous sommes devenus des survivants antérieurs. Pendant le temps qu'il reste, il nous revient comme tâche inéluctable de chercher une issue qui fraye la voie à nos descendants. Or, cette tâche se heurte apparemment à l'impossible. Comment alors ne pas désespérer ? Telle est la question soumise au travail de la pensée. Plutôt que de considérer le désespoir comme une tentation à laquelle ne pas céder, l'auteur propose au contraire de l'éprouver à fond. Car faire résolument face à la Destruction aurait peut-être pour effet d'aiguiser la lucidité requise pour en mettre la racine à nu.

    Le « résultat » final de la Destruction s'annonce comme la réduction généralisée des conditions de l'existence à la vie nue : le dénuement, la détresse et le déni de tout droit et de toute dignité. Accueillir la vie nue, telle serait l'ultime opération. On ne pourrait toutefois l'effectuer qu'à la condition d'assumer sa propre vulnérabilité. Ainsi pourrait être dégagée la seule puissance capable de désamorcer les ressorts de la pulsion d'autodestruction qui risque de précipiter l'humanité à sa perte. Tel serait, pour une communauté d'« accueillants », le pari d'une espérance endeuillée.

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  • Du surréalisme aux récits de l'extrême contemporain, on constate qu'une relation d'une rare complexité s'est nouée entre la littérature et l'épineuse question de la vérité, du faux et de leur figuration. Il en a résulté un glissement progressif du réel vers son travestissement nourri d'un scepticisme face aux systèmes d'explication reposant sur l'idée de l'unicité du Vrai et de la Raison. Ce tournant relativiste est à l'origine d'un ensemble de phénomènes mobilisés par la littérature, qui peuvent se résumer par l'idée d'une méfiance du texte à l'égard de lui-même, substituant au réalisme du roman classique de nouvelles formes littéraires qui ébranlent le contrat de la représentation du monde. Ce qui conduit à un effondrement de la mimesis et à un éclatement des instances narratives en une polyphonie qui trouble les frontières du sujet, dont l'une des particularités consiste en la multiplication d'« hommes de paille » et de « récits de paille » afin de se prémunir contre toute éventualité fâcheuse entraînée par l'entreprise de raconter. Il nous paraît urgent aujourd'hui de réfléchir sur la transformation de ces pratiques narratives qui s'offrent comme des « mensonges délivrés de celui d'être vrai », comme disait Adorno.

    Auteurs : Guillaume Asselin, Lambert Barthélémy, Françoise Dubor, Walter Geerts, Zhao Jia, Frédéric Marteau, Simon St-Onge, Dominique Soulès, Gabriel Tremblay-Gaudette et Anne Ullmo.

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  • Du surréalisme aux récits de l'extrême contemporain, on constate qu'une relation d'une rare complexité s'est nouée entre la littérature et l'épineuse question de la vérité, du faux et de leur figuration. Il en a résulté un glissement progressif du réel vers son travestissement nourri d'un scepticisme face aux systèmes d'explication reposant sur l'idée de l'unicité du Vrai et de la Raison. Ce tournant relativiste est à l'origine d'un ensemble de phénomènes mobilisés par la littérature, qui peuvent se résumer par l'idée d'une méfiance du texte à l'égard de lui-même, substituant au réalisme du roman classique de nouvelles formes littéraires qui ébranlent le contrat de la représentation du monde. Ce qui conduit à un effondrement de la mimesis et à un éclatement des instances narratives en une polyphonie qui trouble les frontières du sujet, dont l'une des particularités consiste en la multiplication d'« hommes de paille » et de « récits de paille » afin de se prémunir contre toute éventualité fâcheuse entraînée par l'entreprise de raconter. Il nous paraît urgent aujourd'hui de réfléchir sur la transformation de ces pratiques narratives qui s'offrent comme des « mensonges délivrés de celui d'être vrai », comme disait Adorno.

    Auteurs : Guillaume Asselin, Lambert Barthélémy, Françoise Dubor, Walter Geerts, Zhao Jia, Frédéric Marteau, Simon St-Onge, Dominique Soulès, Gabriel Tremblay-Gaudette et Anne Ullmo.

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  • Traditionnellement, la métaphysique est la science qui s’occupe de l’origine de nos idées. Pourquoi ne pas alors repartir d’elle pour éclairer le cheminement de ces objets d’histoire qu’on appelle « idées » et qui ressemblent parfois, dans la nuit du passé, à ces étoiles mortes dont l’éclat nous touche encore ? Plutôt que de la révoquer en bloc, en fantasmant ses dépassements sans se soucier de son historicité, il vaudrait mieux s’appliquer à en retracer le cheminement, jusque dans la matérialité de ses inventions. Dès Platon, dès Parménide, elle a peut-être plus à voir avec les problèmes de transmission qu’avec les hauteurs éthérées du suprasensible.
     
    Le projet de ce livre est alors triple. D’abord une sorte d’aller-retour : réfléchir sur l’histoire des idées en cherchant dans la tradition métaphysique une certaine fabrique de l’idée d’idée ; et pratiquer l’histoire des idées en prenant pour objet d’analyse cette même tradition métaphysique et sa fabrication. Enfin, compléter ce double mouvement en mettant au premier plan les problèmes de transmission (dans lesquels apparaissent et transitent les idées) plutôt que de les considérer comme de simples supports transparents pour des idées déjà créées et donc prendre le parti de ce que j’appellerai « intermédialité », ce qui implique d’éclairer ce que ce nom recouvre.

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  • Reprendre contact avec les réalités de l'âme, rouvrir la « source où l'être rejaillit éternellement », tel est l'idéal inavouable dont procède la poétique d'Hubert Aquin. Depuis sa jeunesse, Aquin s'emploie à défaire les mailles de la conscience et à rebrousser chemin vers le Plérôme des Images destinales. Il manoeuvre pour se mettre au service de l'archétype auquel il est enchainé par une sorte d'« hérédité clinique ». Son oeuvre se déploie sur le terrain d'une confrontation avec la « psyché imaginante ». Elle prend la forme d'une gnose, d'une épreuve de soi fondée sur la connaissance participative du « sceau de l'âme ».
    Le Patriote défait n'en peut plus de naviguer, à la dérive, au milieu de la « mer des Ténèbres », signale Aquin. Il veut revenir au foyer et il appelle à l'aide. Or c'est pour porter secours à ce Double mystérieux, languissant dans une opacité impénétrable, que l'auteur se coule dans le « creuset résurrectionnel » de l'Imaginatio vera. C'est pour se libérer de l'étreinte de l'informe qu'il se tourne vers les frontières les plus extrêmes de l'écoute et qu'il se laisse dicter « l'itinéraire incertain du voyage terminal ». Toute la littérature aquinienne peut être lue comme la transcription plus ou moins fi dèle d'une seule Saga segretta — la Saga de « l'étincelle » à rapatrier, la Saga que l'écrivain retrouve au plus profond de lui-même et qui contient le récit d'un retour problématique à l'île natale.

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  • Reprendre contact avec les réalités de l'âme, rouvrir la « source où l'être rejaillit éternellement », tel est l'idéal inavouable dont procède la poétique d'Hubert Aquin. Depuis sa jeunesse, Aquin s'emploie à défaire les mailles de la conscience et à rebrousser chemin vers le Plérôme des Images destinales. Il manoeuvre pour se mettre au service de l'archétype auquel il est enchainé par une sorte d'« hérédité clinique ». Son oeuvre se déploie sur le terrain d'une confrontation avec la « psyché imaginante ». Elle prend la forme d'une gnose, d'une épreuve de soi fondée sur la connaissance participative du « sceau de l'âme ».
    Le Patriote défait n'en peut plus de naviguer, à la dérive, au milieu de la « mer des Ténèbres », signale Aquin. Il veut revenir au foyer et il appelle à l'aide. Or c'est pour porter secours à ce Double mystérieux, languissant dans une opacité impénétrable, que l'auteur se coule dans le « creuset résurrectionnel » de l'Imaginatio vera. C'est pour se libérer de l'étreinte de l'informe qu'il se tourne vers les frontières les plus extrêmes de l'écoute et qu'il se laisse dicter « l'itinéraire incertain du voyage terminal ». Toute la littérature aquinienne peut être lue comme la transcription plus ou moins fi dèle d'une seule Saga segretta — la Saga de « l'étincelle » à rapatrier, la Saga que l'écrivain retrouve au plus profond de lui-même et qui contient le récit d'un retour problématique à l'île natale.

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  • Lever le ton, élever la voix… Voilà deux façons de décrire l'emportement : un sursaut du corps dans la langue, un haut-le-verbe comme on parle de haut-le-coeur ou de hautle- corps, une levée de l'âme dans la parole, un soulèvement de l'être entier dans des mots qui le mettent hors de lui… Être transporté par les mots dans une espèce de lévitation de sens et de sons, de montée de joie ou de rage, de remontée brusque des sentiments les plus profonds, voilà le genre d'expérience auquel chacun aspire au contact du «haussement de ton» qu'on appelle littérature.

    Aujourd'hui que le Sens paraît épuisé, il semble que le Ton, soit la tonalité ou la tonicité de la parole poétique, assume désormais le rôle de la littérarité : on ne reconnaît plus la parole de l'écrivain au fond ou au message qu'il transmet mais à la force ou à la puissance de son phrasé, à la manière dont sa langue est animée d'une énergie singulière, qui se communique d'une façon quasi virale à ceux à qui elle s'adresse. C'est sur ce Ton que s'interrogent les auteurs réunis dans cet ouvrage, s'attardant aux tensions qu'il provoque et à celles qui le provoquent : d'où vient que nous nous emportions dans la parole et qu'elle nous emporte dans notre vie ?

    Auteurs : Guillaune Asselin, David Bergeron, Nicole Brossard, Nicole Caligaris, Patrick Chatelier, Marie Chouinard, Jean Daive, Jean-Marc Desgent, Hélène Dorion, Hélène Frédérik, François Gagnon, Jean-Philippe Gagnon, Marie-Pascale Huglo, Serge Lamothe, Bertrand Leclair, Émile Martel, Mourad Masbah, Catherine Morency, Pierre Ouellet, Jean-François Poupart, Christian Saint-Germain, Pierre Senges et Michaël Trahan.

    Texte inédit de Claude Gauvreau présenté par Jean-Marc Desgent

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  • Être transporté par les mots dans une espèce de lévitation de sens et de sons, de montée de joie ou de rage, de remontée brusque des sentiments les plus profonds, voilà le genre d'expérience auquel chacun aspire au contact du «haussement de ton» qu'on appelle littérature. Aujourd'hui que le Sens paraît épuisé, il semble que le Ton, soit la tonalité ou la tonicité de la parole poétique, assume désormais le rôle de la littérarité: on ne reconnaît plus la parole de l'écrivain au fond ou au message qu'il transmet mais à la force ou à la puissance de son phrasé, à la manière dont sa langue est animée d'une énergie singulière...

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  • Une réinvention de l'espace public et un réaménagement des frontières entre le profane et le sacré sont actuellement en jeu dans les formes de perception et de profération dont la littérature est porteuse. On y voit se définir un nouveau « partage du sensible » dont les données outrepassent tout contrat social ou pacte religieux au sens strict. Le mythe des origines que la littérature ne cesse de conter ressuscite l'origine perdue de la pensée mythique, les histoires secrètes de l'oeil et de l'écoute dont les racines plongent dans la vie la plus archaïque.

    À l'heure où l'on parle d'une sortie de l'histoire et de l'avènement d'une posthumanité, il est urgent d'interroger ces nouvelles combinaisons de la vue et de la voix, souvent dissonantes et détonantes, qui explorent les formes les plus aiguës de dissolution sociale et de dispersion des croyances où la perte de toute vision d'ensemble et de toute voix commune laisse place à l'émergence de « vocalités » et de « visualités » inédites où peuvent apparaître des modes inattendus de socialité et de sacralité.

    C'est ce qu'on découvre chez Antoine Volodine, Philippe Beck, Alain Fleischer, Serge Pey, Jean-Paul Michel, Salah Stétié, Christian Gabriel/le Guez Ricord, Max Loreau, Marcel Moreau, Guy Viarre, Patrick Wateau, Brice Petit, Isabelle Garron, Joséphine Bacon et Jean-Marc Desgent, sur lesquels portent les réflexions menées ici, dont la visée est de comprendre les processus de profanation et de sacralisation inhérents à toute démarche esthétique et poétique.

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